article-vacherand-immobilier-juridique

Acheter un bien occupé : entre décote attractive et vigilance juridique

L'achat d'un logement déjà occupé par un locataire est une stratégie immobilière qui repose sur un arbitrage entre un prix d’acquisition réduit et des contraintes de gestion spécifiques. Ce type de transaction s'adresse principalement aux investisseurs cherchant un rendement immédiat.

Une opportunité financière pour l'investisseur

 

Le principal attrait de l'achat d'un bien occupé réside dans l'avantage économique consenti à l'acheteur dès la signature.
 

Une décote immédiate sur le prix d'achat

L’existence d’un bail en cours limite les possibilités d'usage du bien pour l'acquéreur (impossibilité d'y habiter immédiatement). En compensation, une décote est appliquée sur le prix de vente, généralement comprise entre 10 % et 25 %. Cette réduction dépend de la durée restante du bail et du montant du loyer par rapport au marché.
 

Des revenus locatifs garantis et un financement facilité

L'acquéreur perçoit les loyers dès le premier jour de l'acquisition, sans risque de vacance locative initiale. Pour les banques, cet historique de paiement est un élément rassurant qui peut faciliter l'obtention d'un prêt immobilier, le rendement étant déjà prouvé.
 

Des contraintes juridiques et des risques à anticiper

Si l'aspect financier est séduisant, le cadre légal de la Loi de 1989 impose une grande rigueur à l'acheteur.
 

La protection du locataire et la reprise du bien

 

Le propriétaire ne peut pas congédier le locataire librement. Pour reprendre le logement afin de l'habiter ou de le vendre vide, il doit respecter des délais de préavis stricts (6 mois avant le terme du bail) et des motifs légaux. De plus, si le locataire est âgé de plus de 65 ans avec de faibles revenus, il bénéficie d'une protection renforcée, rendant son départ complexe sans proposition de relogement.
 

L'importance de l'analyse du dossier locatif

Le risque majeur réside dans la qualité du locataire en place. Il est impératif de vérifier l'absence d'impayés antérieurs et l'état d'entretien du logement. À la revente, un bien dont le loyer est sous-évalué par rapport au marché peut également limiter la plus-value potentielle.